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Après la sécheresse : sursemer ou rénover une prairie permanente dégradée ?

1 septembrie 2026 de
Après la sécheresse : sursemer ou rénover une prairie permanente dégradée ?
PETERS Perrine

Sécheresse, fortes chaleurs, manque d'eau… Les prairies permanentes sont mises à rude épreuve. Après plusieurs semaines de conditions difficiles, les dégâts peuvent devenir particulièrement visibles : zones dégarnies, apparition d'adventices, multiplication des vides ou encore développement de graminées indésirables comme les pâturins annuels et les agrostides.

Face à une prairie dégradée, faut-il tout recommencer ? Pas forcément ! Selon son état, deux stratégies peuvent être envisagées : le sursemis ou la rénovation complète de la prairie.

On fait le point sur base des recommandations de Fourrages Mieux.

Une prairie clairsemée ? Pensez d'abord au sursemis

Le sursemis consiste à introduire de nouvelles semences fourragères directement dans une prairie existante, sans la détruire complètement.

L'objectif est simple : profiter des espaces laissés libres pour réinstaller des espèces intéressantes et retrouver progressivement un couvert dense, productif et bien fermé.

Mais attention : déposer des graines ne suffit pas !

La réussite du sursemis dépend notamment des conditions climatiques. La chaleur et surtout l'humidité disponible au moment de la germination jouent un rôle déterminant.

Il faut également donner toutes leurs chances aux nouvelles plantules en limitant au maximum la concurrence de la végétation déjà présente.

Dans de bonnes conditions, les nouvelles semences peuvent mettre environ 5 à 10 jours pour germer et commencer leur développement.

Et si la sécheresse devenait une opportunité ?


Cela peut sembler paradoxal, mais une période de sécheresse peut créer des conditions intéressantes pour préparer la rénovation d'une prairie.

La végétation en place est fortement ralentie et son redémarrage peut être plus lent lors du retour des précipitations. Cela laisse une fenêtre d'opportunité aux nouvelles semences.

Certaines plantes à enracinement superficiel, comme le pâturin annuel, peuvent également être plus faciles à arracher lorsque les conditions sont sèches.

Un passage mécanique adapté permet alors de nettoyer et ouvrir le couvert, créer de l'espace et préparer les zones dégarnies avant le semis.

L'objectif est de mettre toutes les chances du côté des nouvelles graines au moment du retour de conditions favorables.

 

Le matériel joue aussi un rôle essentiel

Pour réussir un sursemis, il faut idéalement combiner plusieurs opérations : ouvrir la prairie, retirer une partie de la végétation indésirable, semer de manière régulière et assurer un bon contact entre la graine et le sol.

C'est précisément le principe d'un outil comme le GreenMaster de Güttler.

En un passage, la combinaison de ses différents éléments permet de travailler le couvert existant, préparer la surface, répartir les semences puis rappuyer le sol.

Le passage du rouleau est particulièrement intéressant pour favoriser le contact graine-sol, indispensable à une bonne germination lorsque l'humidité revient.

Le but n'est donc pas de travailler profondément la prairie, mais de créer les meilleures conditions possibles pour permettre aux nouvelles plantes de s'installer rapidement.

Photo du GreenMaster, l'outil de sursemis de chez Güttler

L'outil 5 en 1

Quelles espèces choisir pour un sursemis de fin d'été ?

Le choix des espèces est lui aussi important.

Fourrages Mieux indique que les sursemis avec trèfles blancs ou violets peuvent être réalisés jusqu'à la mi-septembre. 

Pour un mélange composé uniquement de graminées, la période peut s'étendre jusqu'à la mi-octobre.

Le sursemis de fin d'été présente également un avantage intéressant par rapport à celui du printemps.

Alors qu'au printemps les ray-grass et les trèfles sont généralement privilégiés, la fin de l'été permet d'envisager des mélanges plus diversifiés avec des graminées qui s'installent plus lentement mais présentent une meilleure résistance aux conditions sèches.

C'est notamment le cas de la fétuque élevée ou de la fléole des prés.

Fourrages Mieux recommande en revanche d'éviter le dactyle en sursemis dans les prairies permanentes, car son caractère très concurrentiel risque de lui permettre de prendre progressivement le dessus sur les autres espèces.


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Et lorsque le sursemis ne suffit plus ?

Lorsque la prairie est trop fortement dégradée, le sursemis peut ne plus être suffisant. Une rénovation totale peut alors être envisagée.

La période sèche peut, là encore, être mise à profit.

Fourrages Mieux cite notamment un essai mené en 2022 à Tohogne, en collaboration avec PROTECT'eau et l'UCLouvain, dans des conditions météorologiques comparables.

La destruction mécanique de la prairie avait été réalisée à l'aide de deux passages de déchaumeur espacés d'environ un mois, le premier ayant lieu au mois d'août sur une prairie desséchée.

Résultat : la prairie avait pu être entièrement détruite mécaniquement sans utilisation de la charrue.

Pour une prairie permanente très dégradée, profiter des conditions sèches pour intervenir mécaniquement peut donc représenter une solution intéressante lorsque le labour n'est pas souhaité ou possible.

⚠️ Attention toutefois à la réglementation en vigueur. Les règles concernant la destruction et le renouvellement des prairies permanentes peuvent évoluer et dépendent de la situation de l'exploitation. Il est donc indispensable de vérifier les dispositions applicables avant toute intervention.

Observer avant d'intervenir

Toutes les prairies marquées par la sécheresse ne nécessitent donc pas le même traitement.

Si le couvert reste suffisamment présent mais comporte des zones dégarnies, un sursemis bien réalisé peut permettre de redensifier la prairie sans repartir de zéro.

À l'inverse, lorsque les espèces intéressantes ont largement disparu et que la prairie est fortement envahie ou dégradée, une rénovation plus importante peut être nécessaire.

Dans les deux cas, le retour des pluies après une période sèche constitue une fenêtre à ne pas manquer.

Plutôt que de considérer uniquement la sécheresse comme une contrainte, elle peut donc aussi devenir une opportunité pour observer ses prairies, intervenir au bon moment et préparer leur productivité pour les prochaines saisons.


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